Pour certains, les grandes entreprises traditionnelles seraient condamnées au déclin. Incapables de se réinventer, elles devraient céder la place aux start-up qui rêvent de les remplacer. Pour d’autres, c’est le système capitaliste lui-même qui est à bout de souffle, incapable de répondre aux défis qui se dressent devant lui. Les menaces sont bien réelles, certes, mais doit-on confondre le fonctionnement économique d’aujourd’hui et le système lui-même ?

La forme actuelle, appelée ultralibéralisme, n’est en réalité que la troisième forme historique d’un capitalisme en mutation. Elle a émergé à partir des années 1980 dans un mouvement de bascule du capitalisme managérial vers le capitalisme financiarisé. Le capitalisme managérial avait lui-même remplacé à partir des années 1920 le capitalisme entrepreneurial. Ces différentes bascules ont été autant de périodes de crises dans lesquelles les antagonismes ont été portés à leur paroxysme pendant de longues années.

Dans les années 1920, l’entrepreneur a été progressivement supplanté par le manageur professionnel armé d’une compétence toute nouvelle, le management, pendant que le pouvoir de l’actionnaire se diluait avec la fragmentation du capital des grandes entreprises. La troisième phase a correspondu à l’émergence de l’actionnaire professionnel, armé d’une compétence nouvelle, la finance, et d’un nouveau rapport de force, une concentration du capital à travers les fonds d’investissement.

 

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